La valeur juridique du fax, pays par pays

Ce qui est vrai partout, ce qui change, et où vérifier.

Il n'existe pas de réponse unique, et une page qui prétendrait vous dire ce que vaut un fax dans dix pays vous mentirait. Deux choses sont pourtant vraies partout : « recevable » et « suffisant » sont deux questions distinctes, et un fax est une copie, dont la portée dépend de la trace que vous avez conservée. Ce qui change d'un pays à l'autre, c'est le formalisme exigé pour tel ou tel acte. Cette page donne donc la méthode et les sources officielles des sept destinations desservies, plutôt qu'un tableau de conclusions que personne ici ne peut garantir.

Ce qui est vrai à peu près partout

La distinction entre recevabilité et force probante existe dans tous les systèmes que nous connaissons, sous des noms différents. Qu'un fax puisse être produit ne dit rien de ce qu'il démontre : la première question est procédurale, la seconde est une appréciation. Confondre les deux est l'erreur la plus répandue sur ce sujet, et elle survit à toutes les traductions.

Le formalisme, lui, est l'exception qui décide vraiment. Partout, certains actes doivent revêtir une forme particulière — un écrit, un acte notarié, une notification par un canal désigné — et lorsqu'une forme est imposée, elle n'est pas interchangeable. C'est presque toujours là que se joue la réponse pratique à « puis-je faxer ceci ? », et non dans une doctrine générale sur le fax.

Enfin, un fax est une copie et jamais un original. Ce que vous pourrez démontrer dépend donc moins du canal que de ce que vous avez gardé : le rapport de transmission daté, rapproché de l'exemplaire exactement tel qu'il est parti.

La méthode, en quatre étapes

  1. Partez de l'acte, pas du canal

    La bonne question n'est jamais « que vaut un fax en Espagne ? » mais « cet acte-là exige-t-il une forme particulière en Espagne ? ». Un congé, une résiliation, une mise en demeure et une simple transmission de pièce n'obéissent pas aux mêmes règles, dans aucun pays.

  2. Cherchez le texte, pas un article de blog

    Les règles sur la preuve figurent dans les codes civils et de procédure civile, publiés gratuitement et en version consolidée par chaque État. Le tableau ci-dessous donne, pour chaque destination desservie, le nom de la publication officielle et des codes concernés.

  3. Regardez ce que le pays dit des copies

    Un fax étant une copie, la règle sur la valeur des copies est celle qui vous concerne le plus directement. Tous les systèmes en ont une, et elle est souvent plus favorable qu'on ne l'imagine — à condition que la fidélité de la copie puisse être établie.

  4. Demandez au destinataire

    C'est l'étape que tout le monde saute, et c'est souvent la seule qui compte. Le destinataire décide de ce qu'il accepte : un tribunal, une administration ou une entreprise ont chacun leurs règles internes, qui sont plus restrictives que la loi et qui, elles, s'appliquent tout de suite.

Où vérifier, pour les sept destinations desservies

Les noms plutôt que les adresses : une publication officielle ne change pas de nom, ses URLs si — et un lien mort sur une page consacrée à la valeur juridique serait pire que pas de lien du tout.

Où vérifier, pour les sept destinations desservies
PaysBase officielleTextes à consulter
FranceLégifranceJournal officiel de la République française
  • Code civil
  • Code de commerce
PortugalDRE — Diário da República EletrónicoDiário da República
  • Código Civil
  • Código de Processo Civil
CanadaSite Web de la législation (Justice Canada), LégisQuébecGazette du Canada / Canada Gazette
  • Loi sur la preuve au Canada
  • Code civil du Québec

Système bijuridique : common law dans neuf provinces et trois territoires, droit civil au Québec. La question se pose donc deux fois — au fédéral et dans la province concernée.

AllemagneGesetze im InternetBundesgesetzblatt
  • Bürgerliches Gesetzbuch (BGB)
  • Zivilprozessordnung (ZPO)
EspagneBOE — Códigos electrónicosBoletín Oficial del Estado
  • Código Civil
  • Ley de Enjuiciamiento Civil
  • Código de Comercio
ItalieNormattivaGazzetta Ufficiale della Repubblica Italiana
  • Codice civile (libro sesto, delle prove)
  • Codice di procedura civile
BelgiqueJustelMoniteur belge / Belgisch Staatsblad
  • Code civil (livre consacré à la preuve)
  • Code de droit économique

La question à poser, et à qui

Pour un envoi courant, la question se pose au destinataire : « acceptez-vous ce document par fax, et sous quelle forme ? ». La réponse arrive en un appel et vaut mieux que n'importe quelle recherche, parce qu'elle porte sur ce qui va réellement se passer.

Pour un envoi dont dépend un droit — un délai, une résiliation, une notification —, la question se pose à un professionnel du droit du pays concerné. C'est le seul moment où l'écart entre « c'est recevable » et « c'est suffisant » se paie comptant, et aucun site ne peut le trancher à votre place.

Questions fréquentes

Le fax a-t-il la même valeur dans toute l'Union européenne ?
Non. Le droit de la preuve et le formalisme des actes restent nationaux : l'Union harmonise certains domaines, mais pas la question générale de savoir ce qu'un document transmis démontre. Un raisonnement valable en France ne se transpose pas tel quel en Allemagne.
Pourquoi ne publiez-vous pas un tableau comparatif par pays ?
Parce qu'un tel tableau serait faux quelque part dès le premier jour. Résumer en une case le régime de la preuve d'un pays demande une source nationale à jour et une relecture juridique locale ; sans cela, on produit une approximation sur le sujet précis où une approximation coûte le plus cher à celui qui la lit.
Que vaut un fax envoyé d'un pays vers un autre ?
C'est en général le droit du for — celui du tribunal éventuellement saisi — qui décide de la façon dont la preuve est administrée, et le contrat désigne souvent lui-même la juridiction et la loi applicables. Autrement dit, la question n'est pas d'où vous envoyez mais où le litige serait tranché.

Les pages les plus utiles pour poursuivre votre envoi de fax.